Le calque de Lawrence Wiener

15 mai 2010 § 0 commentaires

LawrenceWiener-RAGILE

En janvier 1980, Serge Renaudie invite des amis artistes à peindre sur du calque et publie pour l’occasion un numéro intitulée « deux pages » dans la revue RAGILE.Lawrence Wiener est de la bande et propose une oeuvre à reproduire : deux phrases, une fois en anglais, une fois en français, une fois à l’endroit, une fois à l’envers.

with (some) essential qualities removed

with no regard to function

avec (quelques) qualités essentielles supprimées

avec aucune considération pour la fonction


Lawrence Wiener donne peu, si ce n’est à réfléchir. De « (quelques) qualités essentielles », et le calque est bien un papier où elles ont été supprimées. Les parenthèses soulignent alors un euphémisme saisissant ! La grammaire anglaise ne permet pas de les glisser dans la seconde phrase. Dommage car réintroduites en français, « sans (aucune) considération pour la fonction », c’est cette fois-ci l’exagération qu’elles marquent, et le jeu de miroir aurait alors été complet. Car c’est bien « sans considération pour la fonction », sous l’emprise du rêve de l’architecte (cf notre billet sur le flou à attendre du dessin sur calque ) que doit se dérouler l’esquisse, et les espaces qu’elle avance doivent rester dans la fiction. A défaut d’histoire, une exégèse peut-elle mettre à nouveau en perspective ce rapport qu’ont entretenu un temps le calque et les architectes ?

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