Superposition de calque : le point de vue de l’ingénieur contre celui de l’architecte

8 juin 2010 § 0 commentaires

Superposer des calques relève d’une volonté d’additionner. Michel Conan [1] décrit dans son livre Concevoir un projet d’architecture l’usage des superpositions de calques tel qu’il est pratiqué par les planificateurs s’intéressant à la recherche de tracés routiers. Même si l’auteur déplore que les usages qu’il analyse ne soient pas directement ceux liés à la pratique quotidienne des architectes, il y voit des principes sous-jacents suffisamment robustes et systématiques pour qu’ils soient transposés à l’architecture. Ainsi on peut lire :

« Toutes ces méthodes ont en commun d’avoir été conçues pour rechercher une solution possible à un problème défini par un ensemble de contraintes spatiales pouvant s’exprimer sur un plan. Elles consistent à noter sur un plan, à la même échelle la répartition dans l’espace des valeurs prises par une contrainte. Pour cela, il peut être commode de reporter un carroyage sur le plan et d’inscrire une valeur dans chaque aire élémentaire. On pourra noter ainsi la répartition des densités autorisées par le POS sur une zone constructible sur un calque, la répartition des densités constructibles sans fondations spéciales sur le même terrain sur un autre calque, puis les distances par rapport aux écoles existantes les plus proches, et par rapport aux commerces les plus proches sur deux autres calques ».

Chacun des calques se voit alors grisé en fonction de l’intensité du paramètre dont il fait état et l’on attend de la superposition qu’elle permette une interprétation de la distribution des valeurs résultantes de gris. Michel Conan met alors en avant les difficultés qui se posent lors de l’addition de plusieurs calques d’informations différentes et veut « attirer l’attention sur les difficultés empiriques inhérentes à l’étude de ce type de pratique. C’est la casquette d’un l’ingénieur que l’auteur revêt ici. Si l’on n’y prête pas attention, le calque permet en effet d’additionner des choux et des carottes.

Mais après tout pourquoi pas ? N’est-ce pas ce à quoi nous encourage Bruno Zevi dans son manuel Apprendre à voir l’architecture, lorsqu’il encourage la pratique de l’interprétation? L’usage du calque par les architectes n’est sûrement pas hypothético-déductif ! Il s’agit plus vraisemblablement de mise en relation que d’addition.

Bibliographie

Michel Conan, Concevoir un projet d’architecture, convention CSTB/Plan construction n 87 61 434, Collection Villes et entreprises, Paris, l’Harmattan, 1990.
Bruno Zévi, Apprendre à voir l’architecture, Editions de Minuit, 1959.

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